Anni Përakylä : « Je vais encourager, valoriser, rappeler à certains que ce qu’ils font est épatant »

Anni Përakylä sera membre du jury pour le Prix du Meilleur Commis lors du Bocuse d'Or Europe. Elle même détentrice du prix depuis Tallinn, nous avons échangé sur ses intentions en tant que juré. 

La cuisine finlandaise est en pleine mutation, comment vous inscrivez-vous dans cette évolution, quelle identité voulez-vous donner à votre cuisine dans les années qui suivront ? 

La fermentation, par exemple, revient à la mode, j’y suis très intéressée. Cependant, je cherche ce moyen peut-être original de créer. J’espère qu’un jour, lorsque je maîtriserai ce qui m’intéresse, je serai capable de ramener une technique sur le devant de la scène. Évidemment, j’aimerais m’entourer des meilleurs producteurs, éleveurs, me diriger vers de petites entreprises et des commerces locaux. 

Quelle cuisine vous passionne, comment entretenez-vous votre curiosité ?

Bien sûr les réseaux sociaux jouent une grande part, je peux y voir énormément de choses qui m’inspirent actuellement ou qui ont pu me plaire auparavant. Mais je ne quitte pas les livres de cuisine, surtout les plus anciens. Les livres ont ces techniques que l’on utilise toujours aujourd’hui. Bien sûr, les choses ont changé, on peut cuisiner différemment, mais la base saine réside dans les livres.  

Comment tout a commencé pour vous en cuisine ? D’où vient votre passion pour le sujet ?

Je crois que tout remonte au lycée. J’ai toujours aimé cuisiner, faire, chez moi. Jusqu’au jour où j’ai choisi de m’orienter vers une école de cuisine. Je suis devenue réellement passionnée et j’ai imaginé devenir chef. J’ai rapidement choisi de me rendre à Helsinki et j’ai travaillé dans des palaces. J’y ai tellement appris de belles choses, je n’ose pas compter le nombre de choses que j’ai pu apprendre. J’étais en école de cuisine et je passais mon bac en même temps, j’avais cette possibilité d’assurer les deux pans de mon éducation. J’avais cette opportunité de bifurquer si la cuisine me décourageait. Après mon diplôme, je me suis rendue à l’évidence, je me suis dit : « ok, c’est ça mon truc ». 

Quel membre du jury du meilleur commis souhaitez-vous être pour ce Bocuse d’Or Europe ?

Je souhaite être honnête, ne pas donner mon opinion à des équipes qui savent déjà exactement où elles vont et pour qui tout est déjà sous contrôle. Je préfère encourager, valoriser, rappeler à certains que ce qu’ils font est épatant. Bien sûr, j’attends de moi d’être juste, c’est aussi cela que je souhaite projeter quand je serai dans le jury. Personne ne peut intégrer le Bocuse d’Or en un claquement de doigts, il faut le vouloir et travailler dur pour réussir. Je reste convaincue que lorsque vous traversez l’aventure Bocuse d’Or, vous apprenez énormément de choses sur vous-même, des meilleurs chefs du monde, c’est la plus grande opportunité d’apprentissage.

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